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2019 by NYV Design

La direction d'orchestres et les pratiques collectives.

La musique d'ensemble est une forme d’aboutissement de la pratique instrumentale (écoute, échanges, écriture, création…). J'attache beaucoup d'importance au mélange des niveaux, car souvent, les niveaux, les âges sont hétérogènes, et de ce fait les élèves les plus avancés (cycle 2) permettent aux élèves débutants (cycle 1) d'intégrer des ensembles instrumentaux dès leur première année. 

Partant de la nécessité d’adapter les morceaux aux différents niveaux, j’ai dû arranger certains supports de cours (real-book, arrangements Hal Leonard…). N’ayant pas fait d’études d’écriture, je me suis inspiré de mon expérience au sein de mon projet artistique personnel « New York Vibes » dans lequel je compose et j’arrange. 

Cela me permet de simplifier certaines parties (tant mélodiquement, que rythmiquement) pour permettre à des élèves de pouvoir s’intégrer plus facilement dans mes ateliers. 

Cela m’a également permis d’apprendre les rudiments d’un logiciel comme « Sibelius » permettant l’écriture de partitions avec l’ordinateur. J'ai à ce propos éffectué une formation complète sur ce logiciel en 2014.

L'interaction et l'émulation entre les élèves renforcent leur sentiment d'appartenance à la classe d'instrument, et débouche ainsi sur un sens collectif fort et constructif.

 

Comme l'écrit Jacques Siron, on ne peut apprendre la théorie sans la mettre en application : "c'est là qu'on découvre qu'il ne suffit pas de connaitre les codes et le jargon, il faut danser (…) danser, relier théorie et pratique, circuler entre son écoute, les différentes couches de sa mémoire, son imagination, le geste instrumental ou vocal" (revue musicale Suisse N°5, 1999).

 

Les dispositifs d'enseignement collectif de l'improvisation dans le jazz peuvent être définis de la manière suivante : je délimite précisément le cadre musical dans lequel vont se dérouler les improvisations, par des systèmes de contraintes pouvant porter à la fois (en fonction des niveaux) :

-sur des codes (par le respect d'un cycle, d'une forme, d'une métrique…)

-sur le langage (par l'utilisation d'une grille harmonique se référent à tel ou tel type de langage harmonique, par variation autour de la mélodie…)

-sur les stratégies d'improvisation (par l'utilisation de procédés d'augmentation, de diminution des phrases, de répétition de la même idée harmonique, de déplacement rythmique, de jeu "in" et "out"…)

-sur l'anticipation et la mémorisation de la forme (par des marquages obligatoires rythmiques, mélodiques…)

 

Lors des séances de travail, des axes d'apprentissage se mettent en place :

-travail du jeu scénique : présentation, concentration, décontraction, gestion du son (amplification…),

rapport aux autres (place, son, échanges, harmonies dans l'improvisation…)

-travail du répertoire : construction en groupe (choix), gestion de la forme en groupe,

utilisation des outils spécifiques liés à l'improvisation, découverte des différents styles…

-travail technique : mises en place, nuances, phrasés (articulations, effets,

accentuations, binaire ou ternaire…), "jouage" (groove, swing…), 4X4 (dans l'improvisation par exemple)

-réalisation collective : plaisir du collectif, de l'échange, enregistrements audio et vidéo…

-développement du sens créatif : improvisation, arrangement, écriture…

-développement de l'autonomie :

gestion de la répétition (travail, échange, analyse, arrangements, écriture…),

choix liés à la musique d'ensemble (tempo, nombre de chorus, improvisateurs…),

choix du répertoire (pour répétition, concert, ou enregistrement…),

accompagner les élèves dans l'autonomie au niveau des concerts (totalité de la représentation de A à Z).

 

Traditionnellement, chacun a un rôle dans le jazz et l'improvisation

-le batteur a souvent une fonction d'accompagnateur rythmique, il est le gardien du tempo,

il ponctue les cycles et répond au soliste par ses interventions.

-le bassiste joue la «walking bass», ligne mélodique qui décrit l'harmonie de la grille en rythmique simple,

le plus souvent des noires.

-le pianiste ou le guitariste, tient la place d'accompagnateur harmonique.

Il décrit la séquence harmonique (la grille harmonique) sur laquelle le soliste improvise.

Le professeur devient de ce fait, un véritable médiateur, un "passeur" au service de l'élève.

Jacques Siron parle de "fluide" entre le professeur et l'élève.

Il doit de fait devenir un médiateur entre la musique et l'élève.

 

Le rôle de l'enseignant est d'aider les élèves à prendre conscience de leur place au sein du groupe. Souvent, j'ai été confronté à des batteurs qui au mieux n'écoutaient que le bassiste, voire aucun des musiciens; des bassistes qui ne savaient pas chanter le thème du standard ou des solistes qui n'écoutaient jamais les propositions de la rythmique. Le professeur est là pour encadrer, mais il ne doit pas intervenir dans la production artistique, c'est au groupe lui-même de trouver ses propres solutions.

Dans ces séances de travail, le professeur se mettra en retrait, dans un rôle "d'observateur" pour laisser le groupe évoluer en fonction des propositions des musiciens.

 

Depuis plusieurs années, j'ai eu l'occasion de monter plusieurs ateliers, groupes et big-bands

Expérience de direction au sein du big-band Jazzique System

A Villeneuve-Saint-Georges, en 2002, le « big-band de Villeneuve-Saint-Georges », formation composée exclusivement d'amateurs, m'a demandé de venir les diriger à la suite du départ de leur chef, et après un départ massif des musiciens (il n'en restait plus que 7 sur 20).

En prenant la direction de ce big-band, je pensais m'engager sur un projet à court ou moyen terme au maximum, mais le projet s'étant révélé difficile et passionnant, il s'est inscrit sur le long terme.

Après les mises au point financières, le premier objectif était de motiver les "troupes" restantes et de recomposer une formation complète, ce qui est chose faite aujourd'hui.

Depuis une dizaine d'années, il a fallu beaucoup de patience, de travail, de réflexion et d'investissement au-delà des heures rétribuées avec le bureau de l'association ou à mon domicile pour réussir à tendre vers un maximum d'autonomie.

 

En résumé, il a fallu :

-réorganiser un fonctionnement qui n'était plus "fluide" (ambiance entre les musiciens)

-créer une communication entre les acteurs (musiciens, bureau, mairie…) de ce projet

-et surtout fixer des objectifs pédagogiques.

 

Le big-band avait perdu sa subvention municipale, n'avait aucun projet pédagogique, aucun concert en prévision et une grande démotivation.

 

Le rôle de "chef", a été au départ plutôt celui d’un "médiateur motivant" :

-médiateur : pour la partie communication, le choix du recrutement

-motivant : pour les projets, quoi travailler? Pour quelles raisons? Dans quels buts? De quelle manière?

 

Aujourd'hui le big-band, s'appelle Jazzique System, possède un site internet, a fait un disque en studio, se produit en France et à l’étranger (Petit Journal Montparnasse, Festival de Jazz de Corbeille Essonne, Festival du Jardin du Luxembourg…) et a retrouvé sa subvention grâce à un bureau actif, mais surtout il a développé une identité musicale, liée aux choix artistiques qu'il a fait.

 

Ce projet m’a permis d’accompagner mes élèves dans leur prise d’autonomie. Les axes pédagogiques de mon enseignement ont perpétuellement évolué au cours de ces années, de par le changement de musiciens (niveaux, âges, caractères...), le changement du bureau, de la mairie, des désirs des musiciens et du collectif.

 

Tout comme pour les établissements ou j'enseigne, ce projet m'a amené à me former pour pouvoir continuer à comprendre les situations diverses qui se présentent et surtout être capable au fur et à mesure des années d'être toujours un enseignant cherchant des solutions pédagogiques.